1. Maria Geiss
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I was 7 after the war, in 1918. Thus I've attended German school for three more months. Then, we became French again. At first, French school was hard for us in Alsace because we didn't speak a word of French. But I left school when I was 13 and I helped my parents. Then I went to Paris and stayed there for a few years mainly to improve my French. Then I was engaged to Paul Geiss who was a blacksmith.

I thought that if I learnt a job... There wasn't any midwife anymore in our village, so I decided to become a midwife - which I've never regretted...



2. Jean Mathieu
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My name's Jean Mathieu. I was born in 1923. Our family is one of the oldest in Lapoutroie. We're in the parish records from 1650 on. Moreover, we're in the Welche canton, it means we don't speak the Alsatian dialect; the dialect here is the patois from the Vosges as it is spoken in Gérardmer or in Saint-Dié...



3. Nicole Doukhan
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My name is Nicole, I was born in Paris on September 5th 1932: it means I was seven when World War II was declared, eight when the armistice was signed, and ten in 1942.

I was a little Jewish girl… I find it difficult to talk about it, nevertheless I'll try to… It's stupid, because I didn't think I would be cracking up… I talked about it so often! I talked about it very much…



4. Denise Schmitt
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For me, the difficulty is twofold. First, I very rarely watch what happened at the time; I'm not interested in what happened… Secondly I can't see to what extent it has some educational interest. The idea to pass something on has never crossed my mind. To pass on, obviously: to pass on literature, ok! But to pass on my own memories has never seemed really interesting to me.



5. Jean-Paul Ungerer
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I come from an old family of Strasbourg because my ancestors have been in Alsace and in Strasbourg for more than three centuries. Some are of Strasbourg from the start. So I'm 100% Alsatian. Because of this, my ancestors have been immersed in Alsatian culture and history for more than three centuries…



6. Charles Augst
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I'm Alsatian and I belong to '42 draft; I was enlisted by force in the RAD[in German in the original] from October'41 to March '42.

I went back to work at the Sogenal bank as a secretarial apprentice, and in October '42, I was again enlisted by force in the '42 draft in the German army.

In October '42 we joined the training unit in Munich. We were trained until February '43.




7. Alice Gillig
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Alsacienne issue d’une famille " française de cœur ", elle est marquée durant sa jeunesse par la Promesse faite dans le cadre du scoutisme. Elle s’engage en 1939 dans l’armée française en tant qu’infirmière. Après la débâcle, elle rejoint sa famille à Strasbourg. Là, elle retrouve cinq amies, toutes anciennes responsables de scoutisme. Les 6 filles s’organisent pour faire passer en France à ceux qui le souhaitent. Elles font une garde tous les soirs à l’église Saint Jean, devant l’autel de la vierge, fournissant papiers, nourritures, vêtements, familles d’accueil. Les passages s’effectuent chaque dimanche.
Mais, en 43, les six filles sont arrêtées. Jugés en tant que citoyens allemands terrorristes, les résistants alsaciens écopent de 8 à 12 ans de détention et, pour certains, de condamnations à mort. Cinq des filles sont envoyées dans la Hesse, aux travaux forcés.
Au bout de trois ans d’internement, Alice décide de s’évader. Après trois semaines de traversée à pied de l’Allemagne, elle atteint la frontière suisse. Confiée aux autorités françaises, elle rejoint Strasbourg. Après la guerre, elle est élue conseillère municipale. A travers son témoignage, elle souhaite démontrer "ce qu’une femme  est capable de faire".



8. Bela Elek
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Fils d’immigrés hongrois juifs communistes, il est né à Paris. Sa famille perçoit d’emblée la menace de guerre. Seul, le frère aîné décide de faire sauter une librairie collaborationniste. Il rejoindra ensuite le groupe militaire parisien Manouchian, tandis que la mère intègre un mouvement de résistance, " Femmes Françaises ". De son côté, Bela entre dans les Jeunesses Communistes.
Sa famille fait preuve d’extravagance : le père porte deux cartes d’identité sur lui ; la mère refuse de porter l’étoile; le fils transporte des armes dans un violon… Malgré cette inconscience, seul l’aîné sera arrêté.
Suite à ça, Bela change d’identité et se fait passer pour orphelin. Il est d’abord accueilli par une antiquaire catholique, puis envoyé en mars 44 chez des paysans. Il quittera la région avec l’armée française et découvrira, à14 ans, les horreurs de la guerre dans une compagnie chargée de nettoyer les arrières. De retour à Paris, Bela entre dans la résistance, puis aux " Bataillons de la jeunesse " pour faire, à 15 ans, la Bataille des Ardennes.
Marqué par la mort de son frère, Bela constate que " le travail de deuil ne peut se faire ".



9. Gilbert May
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Juif strasbourgeois, il se réfugie en 40 dans le Cher.
Son père s’occupe déjà activement des enfants juifs. En 1942, avec son frère, Gilbert Samuel rejoint le Mouvement Libération Sud.
Il transporte des journaux clandestins. Son père étant en lien avec un réseau infiltré dans la police, il fait 100 à 150 km à vélo chaque nuit pour prévenir les juifs étrangers des arrestations programmées. Il rejoint les maquis de la Creuse et participe à des parachutages. En juillet 44, 60 résistants se trouve face à 1500 SS. Il est pris avec son frère. A la prison de Clermont Ferrand, il se trouve dans la même cellule que l’évêque de Clermont Ferrand et que le prince Xavier de Bourbon Parme, ancien prétendant au trône d’Espagne.
Son frère est déporté en Allemagne (d’où il ne reviendra pas). Lui, est transféré au Struthoff, passant pour catholique bien que circoncis, grâce à l'évèque. Puis c'est Dachau. Commando à Augsburg et double pneumonie. Infirmerie de Dachau. Pour échapper à l’épidémie de typhus, il rejoint le commando de Langsberg. Il est libéré le 29 avril 45.


10. Jacqueline de Chambrun
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A 16 ans, elle est en communion avec des Républicains espagnols. Elle arrive en France en 1938. Elle a 20 ans en 40 et opte pour un projet collectif. Cela lui est d’autant plus facile que la région où elle est installée, à majorité protestante, prend position : résister.
Plutôt que de préparer l’internat, elle entre donc dans la résistance.
En 1943, la Gestapo vient l’arrêter. Elle se sauve et entre alors dans la clandestinité.
En 1944, elle est dans le maquis du Mont Mouchet, puis dans le midi.
Une fois la France libérée, elle rejoint l’armée française et se rend avec un régiment au bord du Rhin. Elle est hébergée dans une famille alsacienne dont le fils porte l’uniforme allemand. A Fribourg, après avoir vécu l’occupation en Allemagne, elle ressent une certaine fraternité pour ces pères et mères allemands. Elle décide alors de quitter la Forêt Noire pour retourner en France, refusant de continuer à faire l’occupation. Elle croît plus que jamais en des valeurs de communautés.



11. Jean Samuel
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Juif, il se réfugie avec sa famille en juin 40 dans un village dans le Lot et Garonne. A la suite d'une dénonciation, il est arrêté avec sept autres membres de sa famille, et déporté, en mars 44, à Auschwitz.
Au-delà de sa volonté de survivre, il vit une succession incroyable de chances. Il rencontre Primo Lévi qui deviendra son ami.
En janvier 45, les troupes russes avancent, et les 60 000 survivants du camp prennent la route par moins 25° pour arriver à Weimar.
Libéré en avril 45, il reprend à pied la route en sens inverse, en direction de Buchenwald. Il sera le seul homme de la famille à revenir.
S’il retrouve Primo Levi à partir de 1946, ce n’est qu’à partir de 1980, soit 35 ans après la guerre, qu’il commencera lui-même à témoigner. Aujourd’hui, il s’inquiète de la disparition des derniers témoins directs et tente d’organiser une association de successeurs de témoins.



12. Pierre Volmer
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Alsacien, il a 18 ans en octobre 1939. Après la débâcle, il rejoint la faculté des sciences à Clermont-Ferrand où s’est repliée l’université de Strasbourg. Par le biais du foyer universitaire, il entre en relation avec des mouvements de résistance. En juin 1943, un résistant auvergnat, tombé dans une souricière, abat deux Allemands avant de s’enfuir. La Gestapo profite de ce prétexte pour encercler le foyer et arrêter 37 étudiants. Finalement, Pierre Volmer est déporté à Buchenwald où il connaît l’horreur nazie. Parlant l’allemand, il sert d’interprète dans un commando de la banlieue de Leipzig. Lorsque son camp est bombardé, il rejoint en avril 44 un deuxième commando. Le camp est évacué à marche forcée : le 8 mai, il atteint Terezin, ville-ghetto. Il est rapatrié en avion . A l’hôpital, sa mère ne le reconnaît pas.
Selon lui, il n’y a aucune leçon à tirer de cette expérience : depuis qu’existe l’humanité, les horreurs se succèdent avec des modalités différentes selon les progrès techniques. C’est à chacun de lutter pour que ça ne se reproduise pas.






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